TVA des avocats : seuil de franchise, taux applicable et facturation
Vous venez de prêter serment, de vous installer ou d’ouvrir votre cabinet individuel, et votre première facture est prête. Reste une question qui paraît simple : faut-il ajouter 20 % de TVA à vos honoraires ? La réponse tient en deux mots, « ça dépend », et c’est justement ce qui rend le sujet piégeux.
La TVA des avocats obéit à des règles qui lui sont propres : des seuils de franchise plus élevés que ceux des autres prestataires de services, un traitement particulier des débours et de l’aide juridictionnelle, et des mentions précises à porter sur la facture. Un seuil mal appliqué se paie en redressement, avec des pénalités.

Ce guide fait le tour de la TVA pour les avocats : seuils de franchise en 2025 et en 2026, taux applicable, ce qui entre dans la base de calcul, facture type, clients étrangers et déclaration. Il est à jour début octobre 2026.
L’essentiel en trente secondes
- Taux normal de TVA : les honoraires d’avocat sont soumis au taux de 20 %. Aucun taux réduit spécifique ne s’applique aux avocats.
- Franchise en base de TVA : selon les seuils indiqués, elle permet de ne pas facturer la TVA jusqu’à 50 000 € de recettes pour l’activité réglementée, avec un seuil majoré de 55 000 €, et jusqu’à 35 000 € pour les activités annexes, avec un seuil majoré de 38 500 €.
- Seuils en 2025 et 2026 : les montants indiqués seraient identiques pour les deux années, la réforme à 25 000 € ayant été abandonnée par la loi du 3 novembre 2025. Ces règles doivent être vérifiées au regard des textes applicables.
- Mention obligatoire : en franchise, la facture porte la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI ».
- Débours et aide juridictionnelle : les débours peuvent rester hors de la base de TVA sous certaines conditions. L’aide juridictionnelle est calculée hors taxe ; l’avocat assujetti ajoute la TVA applicable.
- Clients étrangers : le traitement de la TVA dépend notamment du statut du client — professionnel ou particulier — et de son lieu d’établissement.
Pourquoi les avocats ont leurs propres seuils de TVA
La franchise en base de TVA est une dispense. Sous un certain niveau de recettes, vous ne facturez pas de TVA, vous n’en déclarez pas, et vous ne récupérez pas non plus celle que vous payez sur vos achats.
C’est un peu un forfait : vous renoncez à la caisse enregistreuse de l’État, et en échange vous renoncez au remboursement de ce que vous avez avancé en amont.
Pour la plupart des prestataires de services, le plafond est de 37 500 €. Les avocats n’y sont pas soumis : l’article 293 B du Code général des impôts (CGI) leur réserve un paragraphe à part, le I bis, avec des plafonds plus généreux. Tout ce qui suit s’appuie sur cet article et sur le commentaire de l’administration fiscale, le BOFiP.
| Activité | Seuil (année précédente) | Seuil majoré (année en cours) |
| Avocat, activité réglementée | 50 000 € | 55 000 € |
| Avocat, activités annexes | 35 000 € | 38 500 € |
| Autres prestations de services (régime général) | 37 500 € | 41 250 € |
| Ventes de marchandises, hébergement | 85 000 € | 93 500 € |
Deux lignes concernent les avocats parce que la loi distingue leur activité réglementée de leurs activités annexes. L’activité réglementée, c’est le cœur du métier : conseiller, rédiger, plaider. C’est à elle que s’appliquent 50 000 € et 55 000 €.
Quelles sont les activités annexes ?
Le BOFiP en cite quatre : la gestion et l’administration de biens, l’entremise en matière de locations et de transactions immobilières ou sur fonds de commerce, le recouvrement de créances, et la mise à disposition d’un avocat collaborateur de locaux et de clientèle moyennant une redevance.
Pour ces activités, le plafond tombe à 35 000 €, avec un seuil majoré de 38 500 €. Si vous cumulez les deux types de missions, demandez à votre service des impôts des entreprises (SIE) comment ventiler vos recettes, car chaque catégorie a son propre plafond.
Les recettes exceptionnelles, comme le prix de vente d’un bien inscrit à l’actif immobilisé, ne sont pas prises en compte dans le calcul.
Seuil de TVA pour un avocat en 2025 et en 2026 : ce qui a changé et ce qui n’a pas bougé
Beaucoup de pages parlent encore d’un seuil à 25 000 € pour tout le monde. Cette réforme n’est jamais entrée en application, et c’est elle qui sème la confusion autour du « seuil TVA avocat 2025 ».
La réforme à 25 000 € est abandonnée
La loi de finances pour 2025 avait prévu un seuil unique de 25 000 €. Elle a été suspendue, puis la loi du 3 novembre 2025 a supprimé cette réforme. Bercy l’a confirmé sur sa page consacrée à la franchise, datée du 4 novembre 2025 : les seuils existants sont maintenus.
Le projet de loi de finances pour 2026 voulait ensuite un seuil de 37 500 € pour presque tout le monde. Cet article a été retiré par le Parlement fin 2025, et la loi de finances 2026 a été promulguée sans cette mesure.
Les montants à retenir
Pour 2025 comme pour 2026, un avocat applique donc 50 000 € et 55 000 € pour son activité réglementée, 35 000 € et 38 500 € pour ses activités annexes. Le BOFiP consacré à la franchise des avocats, dans sa version du 1er juillet 2026, reprend ces plafonds.
Et pour 2027 ?
Un projet de loi de finances est examiné chaque automne, et les seuils de franchise ont déjà fait l’objet de plusieurs annonces contradictoires. Ne vous fiez pas à un article daté : avant de figer vos prévisions pour 2027, relisez la page « franchise en base » de Bercy et la version en vigueur du BOFiP.
Comment se calcule le chiffre d’affaires à comparer au seuil
Le seuil se compare à vos recettes, et la façon de les compter compte autant que le montant. Pensez à un compteur kilométrique plutôt qu’à un bilan de fin d’année : il tourne à chaque encaissement et l’administration regarde le jour précis où il franchit la ligne.
Quels éléments prendre en compte pour calculer le seuil de TVA ?
- Les recettes encaissées : pour un avocat soumis à une comptabilité de trésorerie, les sommes encaissées sont généralement prises en compte. En cas d’option pour une comptabilité d’engagement, les règles de détermination des recettes peuvent différer.
- La société, et non chaque associé : dans une société d’avocats, il faut examiner les recettes de la structure pour les comparer au seuil applicable, plutôt que la seule part de chaque associé.
- L’aide juridictionnelle : les indemnités versées par l’État doivent être prises en compte dans l’analyse des recettes et du traitement de la TVA, selon les règles applicables.
- L’année de début d’activité : vérifiez si le seuil doit être ajusté en fonction de la durée d’activité au cours de l’année. Les modalités de proratisation dépendent des règles fiscales applicables.
Prenons un exemple. Vous commencez le 1er juillet, soit 184 jours d’activité sur l’année. Votre seuil de base devient 50 000 × 184 / 365, soit environ 25 205 €, et votre seuil majoré 55 000 × 184 / 365, soit environ 27 726 €. Une première année très active peut donc faire basculer plus vite qu’on ne le pense.
Dépassement du seuil : feu orange, puis feu rouge
Les deux plafonds fonctionnent comme des feux. Le seuil de base est l’orange : vous finissez l’année tranquille, mais la TVA arrivera le 1er janvier. Le seuil majoré est le rouge : vous vous arrêtez sur-le-champ.
| Votre situation | Ce qui se passe | TVA due à partir de |
| Recettes de l’année qui restent sous le seuil de base (50 000 €) | Vous restez en franchise | Sans objet |
| Recettes de l’année entre 50 000 € et 55 000 € | Vous gardez la franchise jusqu’à la fin de l’année | Le 1er janvier de l’année suivante |
| Recettes de l’année au-dessus de 55 000 € | Vous perdez la franchise tout de suite | La date du dépassement |
Si vous dépassez 55 000 € en cours d’année
Camille, avocate en droit de la famille, a encaissé 54 200 € au 30 septembre. Le 14 octobre, un client règle 3 000 € d’honoraires : son cumul passe à 57 200 € et le seuil majoré est franchi ce jour-là. À compter du 14 octobre, ses opérations sont soumises à la TVA.
L’encaissement qui fait franchir la ligne est le premier à la supporter. Si le client a réglé 3 000 € sans TVA, Camille peut lui demander 600 € de plus.

S’il refuse, la TVA est prise sur ses honoraires : 3 000 € devient alors 2 500 € hors taxe et 500 € de TVA. Dans le doute sur ce cas limite, interrogez votre SIE.
Voici les gestes à enchaîner, dans l’ordre :
- Demander un numéro de TVA intracommunautaire auprès de votre SIE, depuis votre espace professionnel sur impots.gouv.fr, et signaler que vous sortez de la franchise.
- Facturer la TVA dès la date du dépassement et retirer la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI » de vos factures.
- Corriger les factures émises depuis cette date si elles ont été établies sans TVA.
- Mettre à jour votre modèle de facture et vos conventions d’honoraires, en précisant si les montants sont hors taxe ou toutes taxes comprises.
- Récupérer la TVA sur vos achats à partir du moment où vous devenez redevable.
- Choisir votre régime de déclaration, que nous détaillons plus bas.
Si vous dépassez seulement 50 000 €
Imaginez que vous terminiez l’année à 52 300 € de recettes. Vous n’avez jamais touché le seuil majoré de 55 000 €, donc vous restez en franchise jusqu’au 31 décembre. En revanche, dès le 1er janvier suivant, vous facturez la TVA. Anticipez : modifiez vos modèles de facture en décembre, pas en février.
Comment préparer le passage à la TVA côté tarifs
Le vrai casse-tête du passage à la TVA est commercial. Vos clients particuliers vont voir apparaître 20 % de plus, alors que votre travail n’a pas changé. Vous avez trois options : annoncer le nouveau tarif toutes taxes comprises, absorber la TVA sur votre marge, ou panacher selon les dossiers.
Prenons un forfait de divorce à 1 500 € sans TVA. Si vous le laissez à 1 500 € toutes taxes comprises, il ne vous reste que 1 250 € hors taxe, avec 250 € de TVA reversée. Pour conserver 1 500 € nets, il faut annoncer 1 800 €. Décidez avant le basculement, pas le jour de la facture.
Surveiller son compteur : un tableau de suivi simple
Un tableur suffit pour ne jamais être surpris. Notez chaque encaissement le jour où il arrive, calculez le cumul de l’année et regardez la part du seuil atteinte. Une alerte à 80 % vous laisse le temps de préparer la suite.
| Date | Client et nature | Encaissé (HT) | Cumul de l’année | Part du seuil de 50 000 € |
| 12 janvier | Provision, divorce par consentement mutuel | 1 200 € | 1 200 € | 2 % |
| 3 mars | Consultation d’une entreprise | 900 € | 2 100 € | 4 % |
| 21 avril | Honoraires de plaidoirie, prud’hommes | 3 400 € | 5 500 € | 11 % |
| … | … | … | … | … |
| 18 septembre | Honoraires de résultat, dossier clos | 4 800 € | 41 200 € | 82 % |
| 10 octobre | Solde de mission, société cliente | 5 100 € | 46 300 € | 93 % |
Dans cet exemple fictif, le cabinet atteint 82 % du seuil mi-septembre. Le signal est clair : il reste environ trois mois pour ouvrir le dialogue tarifaire, demander le numéro de TVA et adapter le modèle de facture. Un cabinet qui découvre son cumul en décembre a déjà perdu cette marge de manœuvre.
Gardez deux colonnes séparées si vous exercez aussi des activités annexes, avec leur propre plafond de 35 000 €. Et n’oubliez pas les indemnités d’aide juridictionnelle : elles gonflent le compteur comme n’importe quel honoraire.
Franchise ou TVA : que choisir quand on a le choix ?
Tant que vous êtes sous les seuils, la franchise n’est pas une obligation mais une faculté. Le bon choix dépend d’une seule question : qui paie vos honoraires ? Un particulier ne peut pas récupérer la TVA, alors qu’une entreprise la déduit de la sienne.
| Critère | En franchise | Assujetti à la TVA |
| Prix payé par un particulier | Vos honoraires, sans majoration | Vos honoraires plus 20 %, que le client ne récupère pas |
| Prix payé par une entreprise | Identique | Neutre : l’entreprise récupère la TVA |
| TVA sur vos achats | Non récupérable, c’est un coût | Récupérable |
| Déclarations | Aucune déclaration de TVA | Déclarations périodiques de TVA |
| Mention sur la facture | Article 293 B du CGI | Taux, montant de TVA et numéro de TVA |
| Engagement | Aucun | Deux ans si vous avez opté |
Prenons un honoraire de 1 500 € hors taxe. Pour un particulier, l’avocat en franchise envoie une facture de 1 500 €, et l’avocat assujetti une facture de 1 800 € toutes taxes comprises. Le second paie donc plus cher pour le client, ou gagne moins s’il aligne son prix sur le premier. Pour une entreprise cliente, les deux factures reviennent au même.
L’autre côté de la balance, ce sont vos achats. Imaginez que vous installiez votre cabinet avec 6 000 € hors taxe de mobilier et de matériel informatique. Assujetti, vous récupérez 1 200 € de TVA. En franchise, ces 1 200 € s’ajoutent à votre coût.
En clair, la franchise séduit surtout un cabinet tourné vers les particuliers (famille, pénal, droit du travail côté salarié), qui investit peu. La TVA convient mieux à un cabinet dont la clientèle est composée d’entreprises ou qui engage de gros frais d’installation.
Renoncer à la franchise : l’option pour la TVA
Vous pouvez choisir la TVA même sous les seuils. Cette option prend effet le premier jour du mois au cours duquel vous la déclarez. Elle vous engage pour deux années consécutives et se renouvelle ensuite automatiquement, sauf si vous prévenez votre SIE.
Voyez-la comme un abonnement de deux ans : facile à souscrire, moins à résilier au bout de trois mois. Faites vos calculs avant de cliquer.
Le taux de TVA applicable aux avocats : 20 %, sans taux réduit
Les honoraires d’avocat relèvent du taux normal de 20 %. Aucun taux réduit ne s’applique à la profession, et aucune exonération sectorielle comparable à celle des médecins n’existe. Si vous croisez une page qui évoque un taux réduit pour l’aide juridictionnelle, méfiez-vous : l’administration traite ces indemnités comme des sommes hors taxe auxquelles on ajoute la TVA.
La question du particulier qui paie 20 % de plus a déjà été posée au gouvernement. Dans une réponse ministérielle publiée en mars 2015, Bercy rappelait que le droit européen ne prévoit aucune exonération pour les services d’avocats. Il citait deux soupapes : l’aide juridictionnelle pour les revenus modestes, et la franchise en base pour les petits cabinets.

Hors de la métropole, les taux de TVA ne sont pas les mêmes. Si votre cabinet est dans un département d’outre-mer, vérifiez le taux local auprès de votre SIE.
Et si vous êtes client d’un avocat ?
Cette page vous attend peut-être de l’autre côté de la facture : pourquoi y a-t-il 20 % de TVA sur la note de mon avocat ? Parce que l’avocat est un prestataire de services comme un autre, et que le droit européen ne prévoit aucune exonération pour sa profession.
Si vous êtes une entreprise assujettie, vous déduisez cette TVA de la vôtre, donc elle ne vous coûte rien. Si vous êtes un particulier, elle s’ajoute à vos frais. Certains cabinets, en franchise, ne facturent pas de TVA : leur facture porte la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI », ce qui peut expliquer des écarts de prix à honoraires identiques.
Ce qui entre dans la base de TVA, et ce qui n’y entre pas
La base de TVA, c’est le montant sur lequel on applique les 20 %. Pour un avocat, elle comprend ses honoraires mais pas tout ce qui transite par sa facture. Le tableau ci-dessous sépare ce qui est taxable de ce qui ne l’est pas.
| Somme | Dans la base de TVA ? | À retenir |
| Honoraires de conseil, de rédaction, de plaidoirie | Oui | Quelle que soit leur appellation |
| Provisions et acomptes sur honoraires | Oui | La TVA suit l’encaissement |
| Honoraires de résultat | Oui | Même régime que l’honoraire principal |
| Frais de déplacement, de copie, de courrier | Oui | Ce sont des frais engagés pour réaliser la prestation |
| Débours remplissant les conditions | Non | Avancés au nom et pour le compte du client |
| Dépens et article 700 encaissés pour le client | Non, si isolés en comptabilité | La TVA redevient due si ces sommes paient vos honoraires |
| Honoraires recouvrés auprès de la partie condamnée | Oui | Ils restent des honoraires |
| Indemnité d’aide juridictionnelle | Oui, calculée hors taxe | L’avocat assujetti ajoute la TVA |
Les débours : avancer sans vendre
Un débours, c’est une somme que vous avancez pour le compte de votre client, comme un ami qui paie l’addition au restaurant et se fait rembourser au centime près. Vous n’êtes pas le vendeur, donc vous ne facturez pas de TVA dessus. Les frais d’huissier, de greffe, de publicité légale, les honoraires d’un expert ou le droit de plaidoirie sont des exemples classiques.
L’administration pose des conditions strictes. Il faut un mandat préalable et explicite du client, une reddition de comptes exacte, une comptabilisation dans des comptes de passage et des justificatifs en cas de contrôle. Pour les avocats agissant dans leur activité réglementée, le BOFiP considère que la condition du mandat est remplie.
Le piège, c’est le faux débours. Vos frais de déplacement, de photocopie ou de courrier ne sont pas des débours : ils servent à réaliser votre prestation et restent dans la base taxable. Même chose pour toute dépense qui est en réalité une charge de votre cabinet.
Dernier point, la provision. Lorsqu’une provision couvre à la fois vos honoraires et des débours, vous pouvez écarter la part des débours si vous en précisez la nature et le montant au client et si ces sommes sont inscrites dans un compte de tiers.
Exemple de facture : avocat assujetti et avocat en franchise
Voici la même mission facturée par deux avocats. Les montants sont fictifs, mais le raisonnement est celui du BOFiP : la TVA s’applique aux honoraires et aux frais, et les débours sont ajoutés ensuite, ligne à part.
| Ligne de la facture | Avocat assujetti | Avocat en franchise |
| Honoraires : consultation et rédaction de l’assignation | 1 800,00 € | 1 800,00 € |
| Frais de déplacement et de copie | 60,00 € | 60,00 € |
| Total soumis à TVA (hors taxe) | 1 860,00 € | 1 860,00 € |
| TVA à 20 % | 372,00 € | Néant |
| Total honoraires et frais | 2 232,00 € | 1 860,00 € |
| Débours : frais d’huissier pour la signification | 118,40 € | 118,40 € |
| Débours : frais de greffe | 35,00 € | 35,00 € |
| Total à payer | 2 385,40 € | 2 013,40 € |
Notez la présentation. Les débours figurent sur des lignes séparées, avec une mention du type « Débours, hors champ de la TVA, article 267 II 2° du CGI ». C’est cette séparation qui prouve à l’administration que vous n’avez pas gonflé la base de TVA.
Aide juridictionnelle et TVA : la règle, et le piège
Quand vous intervenez au titre de l’aide juridictionnelle, l’État vous verse une indemnité. Le BOFiP considère les tarifs réglementaires et ces indemnités comme des montants hors taxe. Un avocat assujetti à la TVA doit donc ajouter la TVA par-dessus la somme prévue.
Prenons une indemnité de 400 € hors taxe, avec un montant fictif pour illustrer. L’avocat assujetti perçoit 480 € toutes taxes comprises et reverse 80 € de TVA. L’avocat en franchise perçoit 400 € et n’a rien à reverser.
Si vous êtes en franchise, signalez-le : le BOFiP demande aux avocats franchisés indemnisés au titre de l’aide juridictionnelle d’indiquer leur situation au regard de la TVA sur la demande transmise au greffe.
Attention aux pages qui présentent l’aide juridictionnelle comme exonérée de TVA. Ce n’est pas la lecture de l’administration, et la loi du 10 juillet 1991 exprime l’unité de valeur hors taxe. Les honoraires complémentaires, quand ils sont possibles, restent des honoraires ordinaires soumis à la TVA, sur une ligne distincte.
Quand la TVA est-elle due ? L’encaissement compte plus que la facture
Pour les prestations de services, la TVA devient exigible à l’encaissement du prix, et non à l’émission de la facture. Les avocats entrent dans ce cas : c’est le régime de droit commun, sans démarche. Il est avantageux, car vous ne reversez pas de TVA sur des honoraires que votre client n’a pas encore payés.
Cette règle s’applique aussi aux provisions. Une provision encaissée le 20 décembre génère de la TVA au titre de décembre, même si la mission se terminera au printemps. Une facture envoyée le 28 décembre mais payée en janvier n’a, elle, d’effet qu’en janvier.
Il existe une option pour payer la taxe d’après les débits, c’est-à-dire dès la facture. Elle est rarement intéressante pour un cabinet, puisque vous avanceriez la TVA avant d’être payé. Si vous l’avez choisie, une mention spécifique doit figurer sur vos factures.
Dernière précision sur les fonds de vos clients : ils transitent par la caisse de règlements pécuniaires des avocats (CARPA). Seule la part qui vous revient au titre de vos honoraires entre dans votre TVA, au moment où vous la percevez.
La facture d’avocat : les mentions de TVA à ne pas oublier
Une facture d’avocat porte les mentions de toute facture professionnelle : identité et adresse de l’émetteur, numéro SIREN, identité du client, date, numéro unique, désignation de la prestation, conditions de règlement et pénalités de retard. Entre professionnels, s’ajoute l’indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement.
Pour la TVA, les mentions dépendent de votre situation. Le tableau suivant les rassemble.
| Votre situation | Mention ou précision à porter sur la facture |
| Avocat en franchise en base | « TVA non applicable, article 293 B du CGI », avec le total hors taxe uniquement |
| Avocat assujetti | Montant hors taxe, taux de 20 %, montant de la TVA, total toutes taxes comprises, numéro de TVA intracommunautaire |
| Débours | Ligne distincte, hors champ de la TVA, article 267 II 2° du CGI |
| Aide juridictionnelle | Indemnité chiffrée hors taxe, TVA ajoutée si vous y êtes assujetti |
| Option pour les débits | Mention « option pour le paiement de la taxe d’après les débits » |
| Client professionnel d’un autre pays de l’UE | Mention d’autoliquidation (article 44 de la directive 2006/112/CE) et numéro de TVA du client |
| Client hors Union européenne | Mention d’absence de TVA française, avec l’article du CGI applicable |
Un conseil : écrivez dans votre convention d’honoraires si vos montants sont hors taxe ou toutes taxes comprises. La convention écrite est en principe exigée par la loi du 31 décembre 1971, et c’est la meilleure protection si le client conteste la TVA plus tard.
Convention d’honoraires : hors taxe ou toutes taxes comprises ?
Une phrase suffit à éviter un litige : « Les honoraires sont exprimés hors taxe. La TVA au taux en vigueur s’y ajoute si le cabinet y est assujetti. » Avec une telle clause, un passage à la TVA en cours de dossier se répercute sur le client sans renégociation.
Si la convention annonce au contraire un forfait toutes taxes comprises, la TVA devient un coût pour vous. Un forfait de 3 000 € TTC représente 2 500 € hors taxe et 500 € de TVA. Pensez-y quand vous signez un dossier long, car votre statut peut changer avant la fin.
Autre point à ne pas négliger : l’avocat qui fait figurer de la TVA sur sa facture alors qu’il n’y est pas assujetti en est redevable, et le client ne peut pas la déduire. Si vous êtes en franchise, n’écrivez jamais de ligne de TVA, même à 0 %.
Pour le détail des mentions communes à toutes les factures, lisez notre guide : Mentions obligatoires sur une facture d’auto-entrepreneur.
Clients étrangers : TVA française ou non ?
Quand votre client n’est pas en France, la question n’est plus seulement « suis-je assujetti ? » mais « où la prestation est-elle taxée ? ». La règle générale dépend du statut du client : un professionnel est taxé là où il est établi, un particulier suit des règles différentes.
| Votre client | TVA française ? | Ce que vous indiquez |
| Particulier en France ou dans l’UE | Oui, 20 % | Honoraires, TVA, total TTC |
| Professionnel en France | Oui, 20 % | Honoraires, TVA, total TTC |
| Professionnel dans un autre pays de l’UE | Non, le client autoliquide | Facture hors taxe, mention d’autoliquidation, déclaration européenne de services |
| Professionnel hors UE | Non | Facture hors taxe, mention de l’article 259, 1° du CGI |
| Particulier hors UE | Non | Facture hors taxe, mention de l’article 259 B du CGI |
Le critère retenu est la résidence habituelle effective du client, et non son domicile fiscal ou sa nationalité. Conservez la preuve de ce statut : attestation de résidence pour un particulier, vérification du numéro de TVA pour un professionnel de l’UE.
Une exception à retenir : les prestations rattachées à un immeuble situé en France (achat, vente, gestion, entremise immobilière) sont taxées à 20 % quel que soit le client. Si votre dossier mélange conseil général et acte immobilier, séparez les deux sur la facture.
En cas de doute, facturer hors taxe sans pouvoir le justifier est plus risqué que l’inverse. Gardez ces justificatifs avec la facture : l’administration peut les réclamer plusieurs années après.
Déclarer et payer la TVA quand on y est assujetti
Une fois sorti de la franchise, vous devez déclarer. Dans la grande majorité des cas, un cabinet qui débute relève du réel simplifié. Vous déposez une déclaration annuelle (la CA12), en principe le deuxième jour ouvré suivant le 1er mai pour une année civile.
En cours d’année, deux acomptes sont dus : en juillet (55 % de la TVA de l’année précédente) et en décembre (40 %). Aucun acompte n’est exigé si la somme est inférieure à 1 000 €. Le solde se règle au moment de la déclaration annuelle.
| Régime | Comment ça marche | Pour qui |
| Réel simplifié | Une déclaration annuelle (CA12) et deux acomptes en cours d’année | Cabinets de taille modeste dont la TVA reste limitée |
| Réel normal | Une déclaration mensuelle (CA3), parfois trimestrielle | Cabinets au-dessus des plafonds, ou ayant choisi ce régime |
Voici un exemple chiffré. Votre cabinet encaisse 72 000 € hors taxe dans l’année, soit 14 400 € de TVA collectée, et supporte 2 300 € de TVA sur ses achats. La TVA nette à payer est de 12 100 €.
Si l’année précédente vous aviez une TVA nette de 9 000 €, vous avez versé 4 950 € en juillet et 3 600 € en décembre, soit 8 550 €. Il reste 3 550 € à régler avec la CA12.
Vous basculez en réel normal si votre TVA annuelle dépasse 15 000 € ou si votre chiffre d’affaires franchit les plafonds du régime simplifié. Ces plafonds ont évolué ces dernières années, donc vérifiez-les sur impots.gouv.fr au moment de votre décision.
La TVA que vous pouvez récupérer
En tant qu’assujetti, vous déduisez la TVA sur ce qui sert votre activité : loyer du cabinet, mobilier, matériel informatique, logiciels, documentation, télécommunications, fournitures. Quelques dépenses restent exclues, comme les véhicules de tourisme ou les cadeaux au-delà d’un plafond annuel par bénéficiaire.
En franchise, c’est l’inverse : vous ne récupérez rien. Vos dépenses se comptabilisent toutes taxes comprises, puisque la TVA payée devient un coût.
Cas particuliers : collaborateur, société d’avocats et micro-BNC
L’avocat collaborateur libéral
Un collaborateur libéral facture sa rétrocession d’honoraires au cabinet. S’il est assujetti à la TVA, il y ajoute la TVA, que le cabinet peut déduire. S’il est en franchise, il facture sans TVA. Son plafond s’apprécie sur ses propres recettes, c’est-à-dire sur ce que le cabinet lui reverse.
La société d’avocats
Dans une SELARL, une SELAS ou une société civile professionnelle, la franchise s’apprécie au niveau de la structure. Dix associés à 10 000 € chacun représentent 100 000 € de chiffre d’affaires pour la société : le seuil est largement dépassé, même si aucun associé ne l’atteint individuellement.
Micro-BNC et franchise de TVA : deux mécanismes distincts
Beaucoup d’avocats confondent le régime fiscal micro-BNC et la franchise de TVA. Ils ont chacun leurs seuils, et ces seuils n’ont aucun rapport entre eux. Vous pouvez rester en micro-BNC à 70 000 € de recettes tout en ayant dépassé la franchise de TVA depuis longtemps.
Pour comprendre les seuils généraux de TVA des indépendants, consultez notre article dédié : TVA auto-entrepreneur : seuils de franchise 2026. Nous ne les reprenons pas ici, car l’avocat relève de plafonds particuliers.
Les erreurs de TVA les plus fréquentes chez les avocats
Les erreurs fréquentes concernant la TVA des avocats
- Utiliser le seuil de 37 500 € : ce seuil concerne d’autres prestataires de services. Pour les avocats, le seuil applicable doit être vérifié selon la nature de l’activité et les règles en vigueur.
- Confondre micro-BNC et franchise de TVA : il s’agit de deux régimes distincts, avec des conditions et des plafonds différents.
- Oublier la date exacte du dépassement : elle peut déterminer la date à partir de laquelle la TVA devient applicable. Suivez donc vos recettes cumulées.
- Facturer de la TVA en étant en franchise : la TVA facturée à tort peut rester due à l’État, sans que le client puisse nécessairement la récupérer.
- Classer certains frais en débours à tort : les frais de déplacement, de photocopie et de courrier ne sont pas automatiquement exclus de la base de TVA. Les conditions applicables aux débours doivent être respectées.
- Mélanger activité réglementée et activités annexes : les recettes issues du recouvrement de créances ou de la gestion de biens peuvent relever de règles distinctes. Vérifiez leur classification avant de calculer les seuils.
- Ignorer l’aide juridictionnelle : son traitement doit être pris en compte dans le calcul des recettes et de la TVA selon les règles applicables.
- Ne pas anticiper le dépassement d’un seuil : préparez à l’avance les conséquences sur vos factures, vos tarifs et votre trésorerie, notamment si vous travaillez avec des particuliers.
Facturation électronique : ce qui change pour les avocats
La réforme de la facturation électronique concerne aussi les avocats, y compris ceux en franchise. À partir du 1er septembre 2026, toutes les entreprises doivent pouvoir recevoir des factures électroniques. L’obligation d’émettre ces factures s’étend aux petites structures à partir du 1er septembre 2027.
Concrètement, vos factures à des clients professionnels français passeront par une plateforme agréée. Les ventes à des particuliers ne sont pas concernées par la facture électronique, mais relèvent d’une transmission de données de transaction, appelée e-reporting.
Si vous voulez le calendrier détaillé et les formats, lisez : Facturation électronique 2026 : ce qui change pour les auto-entrepreneurs.
Quel outil pour suivre sa TVA d’avocat ? Mon avis honnête
Suivre un compteur de recettes et préparer des déclarations de TVA à la main est possible, mais fastidieux. Un outil de gestion le fait à votre place en rapprochant votre banque et vos factures. Trois pistes se présentent.
Indy, pour l’avocat en nom propre
Indy propose une page dédiée aux avocats. Selon cette page, l’outil récupère vos transactions bancaires, détecte la TVA, classe vos opérations, suit vos charges et signale le passage au régime réel. Le socle gratuit comprend la saisie automatisée, la catégorisation, le pilotage, les notes de frais et la facturation.
La génération et la télétransmission des déclarations (2035, TVA, déclaration sociale) demandent un abonnement payant, indiqué à partir de 12 € par mois sur la page consultée. La page distingue l’avocat libéral en nom propre de l’avocat en société, sans préciser quelle offre couvre une société : demandez-le avant de vous engager.
Un logiciel de gestion de cabinet, pour une structure
Si vous exercez en société, avec plusieurs associés, des collaborateurs, des fonds de clients et un suivi du temps, le choix d’un outil généraliste est moins évident. Il existe des logiciels métiers conçus pour les cabinets d’avocats. Ils gèrent souvent la facturation, les provisions et la relation avec la CARPA mieux qu’un outil pour indépendants.
Un expert-comptable spécialisé
Dès que la situation se complique (société, collaborateurs, activités annexes, clients à l’étranger), un expert-comptable habitué aux cabinets d’avocats vous fera gagner plus qu’il ne vous coûte. Il sécurise surtout les cas limites que nous avons vus : débours, aide juridictionnelle, activités annexes.
Que faire concrètement, selon votre situation
| Votre situation | Ce que je ferais |
| Vous débutez, avec une clientèle de particuliers et peu d’investissements | Rester en franchise tant que vos recettes le permettent, et surveiller le compteur chaque mois |
| Vous débutez avec des clients entreprises et un budget d’installation important | Étudier l’option pour la TVA pour récupérer la TVA sur vos achats |
| Vous approchez 50 000 € de recettes en cours d’année | Préparer le passage à la TVA : numéro, modèles de facture, tarifs TTC pour vos particuliers |
| Vous avez dépassé 55 000 € | Facturer la TVA dès le jour du dépassement et signaler votre sortie à votre SIE |
| Vous exercez en société d’avocats avec plusieurs associés | Comparer un logiciel de gestion de cabinet et un expert-comptable spécialisé |
Ma recommandation
Retenez trois réflexes. D’abord, utilisez les seuils des avocats, 50 000 € et 55 000 €, et non ceux des autres prestataires. Ensuite, surveillez vos recettes cumulées chaque mois, car la date du dépassement décide de la date de la TVA. Enfin, séparez soigneusement vos débours de vos frais sur chaque facture.
Si vous exercez seul et que vous voulez un outil qui suive votre compteur et prépare vos déclarations, Indy est le point de départ le plus simple. Pour une société d’avocats, comparez un logiciel de cabinet et un expert-comptable avant de choisir.
Prêt à suivre votre TVA sans y passer vos soirées ? Essayez le socle gratuit d’Indy pour faire tourner votre compteur de recettes et préparer vos factures : Testez Indy ici maintenant..
FAQ : vos questions sur la TVA des avocats
Quel est le seuil de TVA pour un avocat en 2026 ?
50 000 € de recettes pour l’activité réglementée, avec un seuil majoré à 55 000 € en cours d’année. Pour les activités annexes, comme la gestion de biens ou le recouvrement de créances, les seuils sont de 35 000 € et 38 500 €. Ce sont aussi ceux de 2025.
Les avocats sont-ils soumis à la TVA, et à quel taux ?
Oui, au taux normal de 20 % sur leurs honoraires, sauf s’ils bénéficient de la franchise en base. Il n’existe pas de taux réduit pour la profession. Les taux diffèrent dans certains départements d’outre-mer.
Quelle mention mettre sur une facture d’avocat en franchise ?
« TVA non applicable, article 293 B du CGI ». Vous n’indiquez que le total hors taxe, sans ligne de TVA, puisque vous n’en facturez pas.
Que se passe-t-il si je dépasse le seuil en cours d’année ?
Au-delà de 55 000 €, la franchise cesse à la date du dépassement. Entre 50 000 € et 55 000 €, vous la gardez jusqu’à la fin de l’année, et la TVA s’applique à partir du 1er janvier suivant. Dans les deux cas, demandez votre numéro de TVA à votre SIE.
La TVA s’applique-t-elle à l’aide juridictionnelle ?
Oui. Le BOFiP traite les indemnités d’aide juridictionnelle comme des montants hors taxe, auxquels l’avocat assujetti ajoute la TVA. L’avocat en franchise n’en facture pas et signale sa situation au greffe.
Un avocat collaborateur doit-il facturer de la TVA ?
Cela dépend de son statut. S’il est assujetti, il ajoute la TVA à sa rétrocession d’honoraires. S’il est en franchise, il facture hors taxe. Son plafond se calcule sur ses propres recettes.
Sources consultées : BOFiP, franchise en base accordée aux avocats (BOI-TVA-DECLA-40-20), Bercy Infos Entreprises, la franchise de TVA et BOFiP, base d’imposition des avocats (BOI-TVA-BASE-10-20-40-30).









