Comment gérer sa comptabilité en micro-entreprise sans expert-comptable
La comptabilité d’une micro-entreprise tient en trois gestes : noter ses encaissements, déclarer son chiffre d’affaires, et garder ses factures. Pas de bilan, pas de compte de résultat, pas de liasse fiscale. Un expert-comptable n’est donc pas obligatoire, et beaucoup de freelances s’en passent très bien.
Le piège n’est pas la difficulté. C’est la régularité. Une déclaration oubliée, un livre des recettes jamais rempli ou un justificatif perdu coûtent plus cher en stress qu’en argent.
Ce guide explique ce que la loi vous demande vraiment en 2026, comment tenir votre livre des recettes pas à pas, le calendrier d’une année type, les taux de cotisations, et les outils gratuits pour tout automatiser. Un tableur gratuit prêt à l’emploi est fourni.
L’essentiel en trente secondes
- Expert-comptable : aucune obligation générale n’impose au micro-entrepreneur d’en engager un.
- Documents comptables : tenez un livre des recettes et, si votre activité l’exige, un registre des achats, notamment pour la vente de marchandises ou certaines activités d’hébergement.
- Déclaration du chiffre d’affaires : déclarez à l’Urssaf les sommes réellement encaissées chaque mois ou chaque trimestre, y compris lorsque votre chiffre d’affaires est nul.
- Conservation des documents : les livres, registres et factures doivent généralement être conservés pendant dix ans.
- Compte bancaire dédié : il devient obligatoire lorsque le chiffre d’affaires dépasse 10 000 € pendant deux années civiles consécutives. Ouvrir un compte distinct dès le début facilite néanmoins le suivi de l’activité.
- Temps à prévoir : avec une organisation régulière et un outil adapté, une trentaine de minutes par semaine peut suffire pour les tâches courantes d’une activité simple.
La comptabilité d’un micro-entrepreneur, c’est le cahier d’un marchand de marché
Imaginez un maraîcher sur un marché. Le soir, il note ce qu’il a encaissé, il garde ses tickets d’achat, et il met l’argent de côté pour les charges. Il n’a pas besoin d’un bilan pour savoir comment va son étal.

C’est exactement l’esprit du régime micro. L’État calcule vos cotisations et votre impôt à partir de votre chiffre d’affaires encaissé, sans regarder vos charges réelles. Votre comptabilité sert donc surtout à prouver ce que vous avez encaissé.
Cette simplicité a un prix : elle ne vous donne aucune vision de votre rentabilité. Nous y reviendrons à la fin, quand un regard extérieur devient utile.
Ce que la loi vous demande vraiment en 2026
Voici le tableau complet des obligations. Il s’appuie sur la fiche officielle de Justice.fr, mise à jour au 1er janvier 2026.
| Obligation | Qui est concerné | Ce que cela veut dire concrètement |
| Livre des recettes | Tous les micro-entrepreneurs commerçants, artisans ou libéraux | Noter chaque encaissement par ordre chronologique : montant, origine, mode de règlement, référence de la pièce justificative |
| Registre des achats | Activités d’achat-revente, de fourniture de denrées ou d’hébergement | Récapituler les achats de l’année avec leur mode de paiement et le justificatif |
| Factures | Dès qu’un client est un professionnel (et dans certains cas pour un particulier) | Une facture par vente, avec les mentions légales, conservée dix ans |
| Déclaration du chiffre d’affaires | Tous, même sans recette | Chaque mois ou chaque trimestre, selon votre choix, auprès de l’URSSAF |
| Compte bancaire dédié | Obligatoire si le chiffre d’affaires dépasse 10 000 € deux années de suite | Un compte distinct du compte personnel, recommandé dès le départ |
| Conservation | Tous | Livres, registres et pièces justificatives : dix ans à partir de la clôture de l’exercice |
| Bilan et compte de résultat | Personne en micro-entreprise | Aucune obligation : c’est l’essentiel de la simplification |
Une précision utile : ne pas tenir le livre des recettes ou le registre des achats n’est pas sanctionné en tant que tel. Mais en cas de contrôle, l’absence de documents vous prive de toute preuve, et falsifier un registre est un délit puni de trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende.
Autrement dit, la règle n’est pas décorative. Un livre bien tenu est votre meilleure défense le jour où l’administration pose une question.
Le livre des recettes, pas à pas
C’est le document central de votre comptabilité. Il liste vos encaissements, dans l’ordre où ils arrivent sur votre compte.
Ce qu’il contient
- La date de l’encaissement, pas celle de la facture.
- Le nom du client ou son origine.
- La nature de la prestation ou de la vente.
- Le numéro de la facture ou de la pièce justificative.
- Le montant encaissé.
- Le mode de règlement (virement, chèque, espèces, carte).
Un exemple rempli
Voici quelques lignes d’un livre de recettes pour un freelance, sur un mois.
| Date d’encaissement | Client | Nature de la prestation | N° facture | Montant | Règlement |
| 07/10/2026 | Agence Nova | Rédaction de 2 articles | F-2026-041 | 360,00 € | Virement |
| 12/10/2026 | M. Lefèvre | Séance de conseil | F-2026-042 | 90,00 € | Chèque |
| 19/10/2026 | Studio Brume | Acompte sur identité visuelle | A-2026-007 | 440,00 € | Virement |
| 28/10/2026 | Agence Nova | Solde de la mission d’octobre | F-2026-043 | 820,00 € | Virement |
| Total du mois | 1 710,00 € |
Remarquez deux choses. La facture n° F-2026-043 apparaît à sa date de paiement, pas à sa date d’émission. Et l’acompte figure dans le livre, car c’est de l’argent encaissé.
Les règles à connaître
- Seulement ce qui est encaissé. Une facture impayée n’entre pas dans le livre, et elle ne se déclare pas.
- Un total tous les trois mois. Les recettes se totalisent chaque trimestre.
- Une écriture globale pour les petites ventes. Pour les ventes au détail et les services aux particuliers, vous pouvez inscrire les opérations en fin de journée si chaque montant est inférieur à 76 €.
- Pas de retouche. Une fois enregistrée, une écriture ne se modifie pas. Une erreur se corrige par une écriture de rectification.
Pour partir sans rien créer, téléchargez notre tableur gratuit : il contient un livre des recettes, un registre des achats et une synthèse trimestrielle avec une estimation de vos cotisations. Téléchargez notre modele de livre de recettes pour micro entreprise ici .
Le registre des achats : êtes-vous concerné ?
Il ne concerne que les activités d’achat-revente de marchandises, de fourniture de denrées ou d’hébergement. Un freelance qui vend uniquement des prestations intellectuelles n’est pas soumis à cette obligation.
Il récapitule, par ordre chronologique, vos achats de l’année avec leur mode de paiement et la référence du justificatif. Un tableur suffit, et notre modèle en contient un.
Même si vous n’y êtes pas tenu, conserver vos factures d’achat est utile : elles vous servent le jour où vous passerez au régime réel, ou pour justifier une dépense professionnelle.
Déclarer son chiffre d’affaires à l’URSSAF
C’est le geste le plus important de l’année, car il se répète. Chaque mois ou chaque trimestre, vous déclarez le montant que vous avez encaissé, et l’URSSAF calcule vos cotisations.
Mensuel ou trimestriel ?
Vous choisissez à la création. Le mensuel donne un meilleur suivi de trésorerie, avec des cotisations plus petites mais plus fréquentes. Le trimestriel allège la charge administrative, avec des échéances au 30 avril, au 31 juillet, au 31 octobre et au 31 janvier.
Dans les deux cas, déclarez même en l’absence de recette. Selon Justice.fr, chaque déclaration manquante peut donner lieu à une pénalité de 60,10 euros.
Déclarer l’encaissé, pas le facturé
C’est l’erreur la plus fréquente. Vous déclarez les sommes que vous avez réellement reçues sur la période. Une facture envoyée en décembre et payée en février se déclare en février.
Cela joue en votre faveur : vous ne payez pas de cotisations sur de l’argent qui n’est pas encore entré. À l’inverse, vous devez provisionner une part de chaque encaissement.
Les taux de cotisations 2026
Ces taux incluent les cotisations sociales et la CSG-CRDS. Ils s’appliquent au chiffre d’affaires encaissé, sans déduire de frais.
| Activité | Cotisations 2026 | Sur 1 000 € encaissés | Versement libératoire (option) |
| Achat-revente de marchandises | 12,3 % | 123 € | 1 % |
| Prestations de services artisanales ou commerciales (BIC) | 21,2 % | 212 € | 1,7 % |
| Activités libérales au régime général (BNC) | 25,6 % | 256 € | 2,2 % |
| Professions libérales relevant de la CIPAV | 23,2 % | 232 € | Non précisé |
| Meublés de tourisme classés | 6 % | 60 € | Non précisé |
Le taux des activités libérales relevant du régime général est passé de 24,6 % à 25,6 % en 2026. Pensez à ajouter la contribution à la formation professionnelle, de quelques dixièmes de point, qui s’ajoute à ces taux.
Un exemple parlant : un graphiste en prestations de services BIC qui encaisse 3 000 euros dans le mois verse 636 euros de cotisations (3 000 × 21,2 %). Il lui reste 2 364 euros avant impôt et avant ses propres frais.
La règle d’or : mettez de côté 25 à 30 % de chaque encaissement dès qu’il arrive. Un compte d’épargne dédié aux cotisations évite les mauvaises surprises.
L’impôt sur le revenu : l’abattement fait le calcul
En micro-entreprise, l’administration ne retient pas vos frais réels. Elle applique un abattement forfaitaire sur votre chiffre d’affaires, qui représente vos charges supposées, et impose le reste.
| Type de revenus | Abattement forfaitaire | Part du chiffre d’affaires imposée |
| Micro-BIC : vente de marchandises, logement | 71 % | 29 % |
| Micro-BIC : prestations de services | 50 % | 50 % |
| Micro-BNC : professions libérales | 34 % | 66 % |
Un abattement minimum de 305 euros s’applique. Vous reportez le chiffre d’affaires encaissé sur la déclaration complémentaire 2042-C-PRO, l’abattement étant ensuite appliqué automatiquement.
Une alternative existe : le versement libératoire, qui permet de payer l’impôt en même temps que les cotisations, à un taux de 1 % (vente), 1,7 % (services BIC) ou 2,2 % (BNC). Il est soumis à des conditions de revenu fiscal de référence, et l’option se demande avant le 30 septembre pour l’année suivante.
Il n’est pas toujours avantageux. Si votre foyer a un taux d’imposition faible, voire nul, mieux vaut ne pas l’opter. Faites le calcul avec vos propres chiffres.
Cas pratique : le premier trimestre d’une graphiste en micro-entreprise
Pour rendre tout cela concret, suivons une graphiste indépendante, en prestations de services BIC, sans versement libératoire. Elle encaisse 2 400 euros en janvier, 1 800 en février et 3 100 en mars.
| Ligne | Calcul | Montant |
| Encaissements de janvier | 2 400,00 € | |
| Encaissements de février | 1 800,00 € | |
| Encaissements de mars | 3 100,00 € | |
| Chiffre d’affaires du trimestre à déclarer | 2 400 + 1 800 + 3 100 | 7 300,00 € |
| Cotisations dues (prestations de services BIC, 21,2 %) | 7 300 × 21,2 % | 1 547,60 € |
| Reste avant impôt et avant frais professionnels | 7 300 − 1 547,60 | 5 752,40 € |
| Somme à mettre de côté pour l’impôt (estimation personnelle, par exemple 8 %) | 7 300 × 8 % | 584,00 € |
Ce qu’elle fait en pratique : elle reporte chaque encaissement dans son livre des recettes à sa date, elle totalise le trimestre, puis elle déclare 7 300 euros à l’URSSAF avant le 30 avril. Les cotisations s’élèvent à 1 547,60 euros.
Remarquez la dernière ligne. L’impôt n’est pas retenu sur chaque encaissement : il se paie par acomptes, avec une régularisation à la déclaration de revenus. Mettre de côté un pourcentage chaque mois, choisi selon sa situation, évite le choc au moment de payer.

Le montant exact de l’impôt dépend de tout le foyer fiscal. Pour un ordre de grandeur, appliquez l’abattement de 50 % sur le chiffre d’affaires de l’année, puis le barème de votre foyer sur ce qui reste, en tenant compte des autres revenus.
Les seuils à surveiller : micro-entreprise et TVA
Deux séries de seuils coexistent, et on les confond souvent. L’un décide de votre régime d’imposition, l’autre de la TVA.
Les plafonds du régime micro
Depuis le 1er janvier 2026, et jusqu’en 2028, les plafonds sont de 203 100 euros pour la vente de marchandises et l’hébergement, et de 83 600 euros pour les prestations de services et les activités libérales (loi n° 2026-103 du 19 février 2026).
Dépasser un plafond une seule année ne vous fait pas sortir du régime. Deux années civiles consécutives de dépassement vous font passer au régime réel au 1er janvier suivant.
La franchise en base de TVA
La franchise en base de TVA fonctionne avec d’autres seuils, bien plus bas, et d’autres règles de dépassement. Vous les trouverez détaillés, avec les seuils majorés, dans notre guide TVA et auto-entrepreneur : comprendre les seuils de franchise en 2026.
Retenez une chose : en franchise, vous ne facturez pas de TVA et vous écrivez « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » sur vos factures. Le jour où vous dépassez le seuil, tout change, y compris votre comptabilité.
Le compte bancaire dédié : deux tiroirs, jamais mélangés
Imaginez deux tiroirs. Dans l’un, l’argent de votre vie privée. Dans l’autre, celui de votre activité. Si vous les mélangez, vous ne savez plus ce qui est à vous et ce qui doit repartir en cotisations.
Un compte dédié devient obligatoire quand votre chiffre d’affaires dépasse 10 000 euros pendant deux années consécutives. Tant que vous êtes en dessous, un compte personnel suffit juridiquement.
En pratique, ouvrez un compte dédié dès le premier jour. Il simplifie la tenue du livre des recettes, car chaque encaissement client y apparaît seul, et il évite les questions embarrassantes en cas de contrôle.
Plusieurs outils de facturation proposent un compte pro gratuit ou intégré. Nous les comparons plus bas.
Les factures et la facturation électronique
Chaque vente à un professionnel donne lieu à une facture, avec ses mentions légales, conservée dix ans. La liste complète est détaillée dans notre guide : Les mentions obligatoires sur une facture d’auto-entrepreneur en 2026.
Une nouveauté vous concerne : la facturation électronique. Depuis le 1er septembre 2026, tous les assujettis doivent pouvoir recevoir des factures électroniques. L’obligation d’en émettre arrive pour les micro-entreprises le 1er septembre 2027.
Cela passe par une plateforme agréée, que votre outil de facturation peut fournir. Le choix d’un outil conforme dès maintenant vous évite de changer de méthode dans un an.
Pour comprendre ce calendrier en détail , lire notre article: Facturation électronique 2026 : ce qui change pour les auto-entrepreneurs. Pour choisir la plateforme : Comment choisir une plateforme de dématérialisation partenaire (PDP).
Classer et conserver ses justificatifs
Vos livres, registres et factures se conservent dix ans à partir de la clôture de l’exercice. Dix ans, c’est long : une boîte à chaussures ne survit pas à une telle durée.
Adoptez une règle simple. Un dossier par année, deux sous-dossiers (factures émises, factures d’achat), et un nom de fichier uniforme : date, client, numéro. Numérisez tout ce qui arrive sur papier.
Gardez une copie hors de votre ordinateur, dans un espace de stockage en ligne ou sur un disque externe. Une panne de disque ne doit pas effacer dix ans d’historique.
Un classement propre vous fait gagner du temps le jour où il faut retrouver une facture pour un client, pour la banque ou pour l’administration.
Votre routine : trente minutes par semaine
La comptabilité se rate rarement par manque de compétence. Elle se rate parce qu’on la remet. Fixez un créneau hebdomadaire de trente minutes, toujours le même.
- Saisissez les encaissements de la semaine dans le livre des recettes.
- Classez les factures émises et reçues.
- Vérifiez les factures en retard et relancez-les.
- Mettez de côté la part des cotisations sur chaque encaissement.
Pour les factures en retard, voyez notre guide : Comment relancer un client qui ne paie pas sa facture.
Le calendrier d’une année de micro-entrepreneur
Une fois les gestes appris, l’essentiel est de les placer au bon moment. Voici l’année type. Les dates précises de déclaration de revenus et de CFE se confirment chaque année.
| Quand | Quoi |
| Chaque semaine (30 minutes) | Saisir les encaissements, classer les justificatifs, relancer les factures en retard |
| Chaque mois ou chaque trimestre | Déclarer le chiffre d’affaires à l’URSSAF. En mensuel, avant la fin du mois suivant. En trimestriel : avant le 30 avril, le 31 juillet, le 31 octobre et le 31 janvier |
| Chaque trimestre | Totaliser les recettes du livre, vérifier où vous en êtes par rapport aux seuils de TVA et de micro-entreprise |
| Au printemps | Déclarer vos revenus à l’impôt, avec la déclaration complémentaire des professions non salariées (2042-C-PRO). Les dates sont fixées chaque année |
| Avant le 30 septembre | Option pour le versement libératoire de l’impôt, valable pour l’année suivante, si vous remplissez les conditions de revenus |
| Avant le 15 décembre | Payer la CFE (cotisation foncière des entreprises), dont le premier avis arrive en novembre de l’année suivant la création |
| Avant le 31 décembre | Année de création : déposer la déclaration initiale de CFE. Fin d’année : archiver et préparer le nouveau livre |
Mettez ces échéances dans votre agenda en début d’année, avec un rappel une semaine avant. Un rappel automatique remplace avantageusement la mémoire.
Et la CFE ?
La cotisation foncière des entreprises concerne aussi les micro-entrepreneurs. Vous en êtes exonéré l’année de création, mais la déclaration initiale reste obligatoire, avant le 31 décembre. Le premier avis arrive en novembre de l’année suivante, avec un paiement avant le 15 décembre.
Une exonération existe aussi quand le chiffre d’affaires annuel est inférieur à 5 000 euros, sur demande à votre service des impôts. Le montant dépend de votre commune : il n’est jamais le même d’une ville à l’autre.
Tableur ou logiciel : quelle méthode choisir ?
Le tableur n’est pas une solution au rabais. Pour moins de vingt encaissements par mois, il suffit largement. Un logiciel devient intéressant quand les volumes montent, ou quand vous voulez relier factures, banque et déclarations.
| Méthode | Avantages | Limites | Pour qui |
| Cahier ou classeur papier | Aucun outil, conforme aux registres papier | Totaux à la main, erreurs, aucune sauvegarde | Très petite activité |
| Tableur (modèle gratuit) | Gratuit, souple, vous gardez la main | Tout est manuel, rien ne relie factures et recettes | Moins de 20 encaissements par mois |
| Logiciel gratuit | Factures, livre des recettes ou suivi, alertes de seuils | Fonctions limitées selon l’offre | La plupart des freelances |
| Logiciel payant | Déclarations préremplies, relances, banque connectée | Un abonnement de quelques euros par mois | Volume croissant, peu de temps |
| Expert-comptable ponctuel | Conseil sur mesure, arbitrage de statut | Un coût à chaque rendez-vous | Changement de régime ou de statut |
Le principal défaut du tableur est invisible : rien ne relie vos factures à vos recettes. Si vous oubliez de noter un paiement, personne ne vous le signale. Un logiciel qui génère le livre à partir des factures encaissées supprime cet oubli.
Quand faire appel à un expert-comptable, malgré tout
Se passer d’expert-comptable est possible, pas toujours souhaitable. Certaines situations justifient un avis, souvent ponctuel, plutôt qu’un abonnement.
| Situation | Pourquoi un avis extérieur devient utile |
| Vous approchez des seuils de TVA ou de micro-entreprise | Anticiper le passage à la TVA ou au régime réel évite les mauvaises surprises |
| Vous envisagez une société (EURL, SASU) | Le choix du statut change la fiscalité, la protection sociale et la comptabilité |
| Vous avez des charges importantes | Le micro ignore vos frais réels, le réel peut devenir plus avantageux |
| Vous recevez un courrier de l’administration | Un avis sécurise la réponse |
| Vous embauchez, investissez ou empruntez | La comptabilité devient un outil de pilotage, pas seulement une obligation |
Une logique simple : le micro-entrepreneur fait seul ce qui est répétitif, et fait appel à un professionnel pour ce qui engage l’avenir. Un rendez-vous de conseil sur le choix du statut vaut souvent plus qu’une année de tenue de comptabilité.
Attention aux comparaisons de prix trouvées en ligne : les tarifs annoncés sont rarement comparables, car chacun n’inclut pas les mêmes prestations. Demandez toujours un devis détaillé.
Passer du micro au réel : ce que cela change
Un jour, le régime micro peut cesser de vous convenir : dépassement de plafond deux années de suite, frais importants, investissements, ou simple envie de déduire vos charges réelles.
Au régime réel, l’État ne regarde plus un pourcentage de votre chiffre d’affaires, mais votre bénéfice réel. Votre comptabilité devient complète, avec un bilan et un compte de résultat.
| Critère | Micro-entreprise | Régime réel |
| Comptabilité | Livre des recettes, registre des achats | Comptabilité complète, bilan et compte de résultat |
| Calcul de l’impôt | Abattement forfaitaire sur le chiffre d’affaires | Bénéfice réel : recettes moins charges réelles |
| Cotisations | Pourcentage du chiffre d’affaires | Calculées sur le bénéfice |
| Vos frais | Ignorés, remplacés par l’abattement | Déductibles s’ils sont justifiés |
| Besoin d’aide | Facultative | Très recommandée, souvent indispensable en pratique |
| Quand c’est intéressant | Peu de frais, activité simple | Frais importants, investissements, croissance |
En pratique, c’est le moment où un expert-comptable devient très utile, car la comptabilité complète ne s’improvise pas. Le micro-entrepreneur qui anticipe ce passage choisit son moment, au lieu de le subir un 1er janvier.
Certains outils signalent d’eux-mêmes quand le micro cesse d’être avantageux. Indy cite par exemple une alerte sur l’arbitrage entre micro et réel, qui signale le dépassement des seuils.
Les erreurs fréquentes en comptabilité de micro-entreprise
Les 8 erreurs comptables fréquentes du micro-entrepreneur
- Déclarer le montant facturé au lieu du montant encaissé : vous risquez de payer des cotisations sur des sommes que vous n’avez pas encore reçues.
- Oublier de déclarer un chiffre d’affaires nul : même sans recettes, la déclaration reste obligatoire selon la périodicité choisie. Une omission peut entraîner des pénalités.
- Mélanger les dépenses personnelles et professionnelles : vous compliquez le suivi de votre activité et perdez en visibilité sur vos encaissements.
- Ne pas mettre de côté les cotisations : lorsque l’échéance arrive, vous risquez de manquer de trésorerie si l’argent a déjà été dépensé.
- Perdre des justificatifs : conservez les documents requis pendant la durée légale et prévoyez une copie de sauvegarde sécurisée.
- Oublier la cotisation foncière des entreprises (CFE) : vérifiez vos obligations déclaratives, notamment la déclaration initiale, même si vous bénéficiez d’une exonération de cotisation la première année.
- Ignorer les seuils de TVA : surveillez votre chiffre d’affaires pour anticiper un éventuel assujettissement et éviter de devoir appliquer la TVA sans l’avoir intégré à vos prix.
- Modifier directement une écriture comptable : si une erreur est constatée dans un livre tenu chronologiquement, corrigez-la de manière traçable plutôt que d’effacer ou de retoucher l’écriture initiale.
Que faire si vous avez oublié une déclaration ou commis une erreur
Une déclaration oubliée se rattrape. Faites-la dès que vous vous en apercevez, depuis votre espace en ligne, en indiquant le chiffre d’affaires réel de la période. Plus vous attendez, plus la pénalité éventuelle et le retard de paiement s’accumulent.
Une erreur de montant se traite de la même façon : corrigez-la dans votre livre par une écriture de rectification datée et expliquée, et contactez l’URSSAF depuis votre espace en cas de doute sur la marche à suivre.
Et en cas de contrôle ?
L’administration vérifie surtout une chose : que le chiffre d’affaires déclaré correspond à ce que vous avez réellement encaissé. Votre livre des recettes, vos factures et vos relevés de compte bancaire racontent la même histoire.
C’est pourquoi un compte dédié et un livre tenu à jour sont votre meilleure protection. Une facture introuvable ou un encaissement jamais noté, c’est un doute que vous devrez lever vous-même.
Quel outil pour gérer sa comptabilité de micro-entreprise ?
Les trois outils ci-dessous proposent tous une formule gratuite. Je n’ai retenu que ce que disent leurs pages officielles ou des avis récents, car les fonctions et les prix évoluent vite.
| Outil | Ce que disent les sources consultées | Pour quel profil |
| Abby | Offre Basique gratuite : devis et factures illimités, facturation électronique, livre des recettes et achats généré à partir des factures encaissées, estimation des cotisations, alertes de seuils de TVA. Déclaration URSSAF dans l’offre Start. Relances, signature électronique et connexion bancaire dans l’offre Pro | Micro-entrepreneur qui veut tout au même endroit, de la facture à la déclaration |
| Indy | Offre gratuite : catégorisation automatique des transactions, synchronisation bancaire, devis et factures, conservation des justificatifs, suivi de trésorerie, alerte micro ou réel, compte pro gratuit. Offre payante dès 15 € HT par mois : rappel des échéances et remplissage des déclarations de CA et de TVA | Indépendant qui veut piloter sa trésorerie et suivre sa banque |
| Tiime | Offre Free : devis et factures illimités. Offres Smart (17,99 € par mois) et Business (24,99 € par mois) avec compte pro intégré et notes de frais. Se présente comme plateforme agréée de facturation électronique | Profil qui veut une facturation conforme et un compte pro lié à l’outil |
Abby : le plus complet en gratuit pour le livre des recettes
La page d’Abby pour les micro-entrepreneurs présente une offre Basique gratuite, avec devis et factures illimités, facturation électronique, et un livre des recettes et achats généré à partir de vos factures encaissées. Elle mentionne aussi une estimation des cotisations et des alertes de seuils de TVA. Voir la page d’Abby pour les micro-entreprises.
La télédéclaration du chiffre d’affaires est listée dans l’offre Start. Les relances d’impayés, la signature électronique et la connexion au compte bancaire figurent dans l’offre Pro. Les prix affichés évoluent, avec des promotions : vérifiez-les sur le site.
Pour un micro-entrepreneur qui veut un seul outil, de la facture au livre de recettes, c’est le plus cohérent. Decouvrez Abby ici…
Indy : pour suivre sa banque et sa trésorerie
Indy met en avant la catégorisation automatique des transactions, la synchronisation bancaire, la conservation des justificatifs, un suivi de trésorerie et une alerte qui signale quand le régime micro ne convient plus. Un compte pro gratuit est cité.
L’offre payante, annoncée à partir de 15 euros hors taxes par mois, ajoute le rappel des échéances et le remplissage et l’envoi des déclarations de chiffre d’affaires et de TVA. Les pages consultées ne disent pas qu’Indy génère un livre des recettes : à vérifier pendant l’essai.
C’est le bon choix si votre priorité est de voir où va votre argent. Testez Indy….
Tiime : une facturation conforme et un compte pro
Tiime propose une offre Free avec devis et factures sans limite, d’après un avis daté de fin septembre 2026. Les offres Smart et Business ajoutent un compte pro intégré et les notes de frais. L’outil se présente comme immatriculé comme plateforme agréée de facturation électronique.
Ni le livre des recettes ni la déclaration URSSAF ne sont mentionnés par la source consultée. Si ces deux points comptent pour vous, comparez avant de choisir.
Tiime convient à celui qui veut une facturation conforme et un compte pro lié à ses factures. Testez Tiime ici maintenant..
Comment choisir
| Votre situation | Ce que je ferais |
| Vous démarrez et voulez payer le moins possible | Abby Basique pour factures et livre des recettes, ou le tableur gratuit de cet article |
| Vous voulez voir votre trésorerie et vos transactions bancaires | Indy, avec la synchronisation bancaire et l’alerte micro ou réel |
| Vous voulez un compte pro lié à vos factures | Tiime (offres Smart ou Business) ou le compte pro gratuit d’Indy |
| Vous voulez déclarer votre chiffre d’affaires depuis l’outil | Abby Start d’après sa page, à tester pendant l’essai |
| Vous approchez des seuils ou envisagez une société | Un rendez-vous avec un expert-comptable, en plus de l’outil |
Pour comparer d’autres solutions gratuites, notre guide Comparatif des logiciels de facturation gratuits détaille leurs limites. Et pour produire une facture en quelques minutes, voyez : Facture en ligne gratuite : créer et télécharger sa facture en 5 minutes.
Conclusion : ce que je ferais à votre place
Gardez l’expert-comptable pour les grandes décisions, pas pour le quotidien. En micro-entreprise, la comptabilité tient dans un livre des recettes, une déclaration régulière et un classement propre.
Commencez par ouvrir un compte dédié, choisissez un outil gratuit qui génère votre livre des recettes, et fixez trente minutes par semaine. Mettez de côté un quart à un tiers de chaque encaissement, pour que les cotisations ne vous surprennent jamais.
Pour la plupart des freelances, Abby est le plus simple pour démarrer, Indy le plus utile si vous voulez piloter votre trésorerie, et Tiime le plus pratique si vous voulez un compte pro lié à vos factures.
Prêt à vous lancer ? Ouvrez votre compte gratuit chez Abby et laissez le livre des recettes se remplir à partir de vos factures. Si vous préférez suivre votre banque et votre trésorerie, essayez Indy.
FAQ : vos questions sur la comptabilité en micro-entreprise
Un micro-entrepreneur doit-il avoir un expert-comptable ?
Non, aucune loi ne l’impose. La comptabilité du régime micro se limite à un livre des recettes, un registre des achats pour certaines activités, et vos factures. Un expert-comptable reste utile pour un conseil ponctuel, par exemple pour choisir un statut.
Quelle comptabilité faut-il tenir en micro-entreprise ?
Un livre des recettes qui liste vos encaissements, et un registre des achats si vous revendez des marchandises ou fournissez un hébergement. Aucun bilan ni compte de résultat n’est exigé. Tout se conserve dix ans.
Faut-il un compte bancaire dédié en micro-entreprise ?
Il devient obligatoire quand le chiffre d’affaires dépasse 10 000 euros deux années consécutives. En dessous, un compte personnel suffit juridiquement. Il est cependant recommandé d’ouvrir un compte dédié dès le départ.
Comment déclarer son chiffre d’affaires à l’URSSAF ?
En ligne, chaque mois ou chaque trimestre selon votre choix, en indiquant le chiffre d’affaires encaissé sur la période. La déclaration est obligatoire même si vous n’avez rien encaissé. Elle sert à calculer vos cotisations.
Combien de temps conserver ses documents comptables ?
Dix ans à partir de la clôture de l’exercice, pour le livre des recettes, le registre des achats, les factures et les pièces justificatives. Une copie numérique sauvegardée hors de votre ordinateur est vivement conseillée.
Peut-on tenir sa comptabilité sur Excel ?
Oui. Les livres peuvent être tenus sur papier, sur un modèle ou sur un logiciel, y compris sous forme électronique. Un tableur suffit pour de petits volumes, à condition de ne jamais modifier une écriture déjà saisie.
Pour aller plus loin , voir nos contenus : Comment créer sa première facture conforme quand on débute et : Calcul de la date d’échéance d’une facture : méthode, exemples et simulateur gratuit.
Sources consultées : fiche Justice.fr sur les obligations comptables du micro-entrepreneur, article de la CCI Paris Île-de-France sur les seuils 2026-2028 et page d’Abby pour les micro-entrepreneurs.










2 commentaires sur « Comment gérer sa comptabilité en micro-entreprise sans expert-comptable »