Bon de commande : modèle gratuit, mentions obligatoires et différence avec le devis
Un client vous dit « c’est bon, on commande ». Quelques semaines plus tard, il conteste le prix, le délai ou la quantité. À cet instant précis, un seul document compte : celui qui dit ce qui a été commandé, par qui, à quel prix et pour quand. Ce document, c’est le bon de commande.
Beaucoup d’indépendants le confondent avec le devis, ou l’oublient purement et simplement. Et pourtant, un bon de commande bien rempli règle d’avance la moitié des litiges et la moitié des retards de paiement.

Ce guide vous donne un modèle gratuit à générer en PDF, la liste des mentions utiles, la vraie valeur juridique du document, la différence avec le devis, la facture et le bon de livraison, et le lien avec la facturation électronique. Il est à jour début octobre 2026.
L’essentiel en trente secondes
À retenir sur le bon de commande
- Un bon de commande confirme une commande : ce qui est acheté, à quel prix, avec quelles conditions de livraison et de paiement.
- Signé par les deux parties, il vaut contrat. Il engage donc vraiment, sur le prix comme sur le périmètre.
- Il n’est pas obligatoire entre professionnels, alors que la facture l’est. Mais il protège les deux camps.
- Il se distingue du devis (la proposition) et de la facture (la demande de paiement). Il n’a aucune valeur comptable.
- Si l’acheteur a émis un bon de commande, son numéro doit figurer sur votre facture.
- Le carnet papier fonctionne encore sur un chantier ou un salon. Dès que vous avez un peu de volume, le format numérique évite les erreurs.
Le bon de commande en une image
Pensez à une réservation de train. Le devis, c’est la page où vous voyez le prix du trajet. Le bon de commande, c’est la réservation validée : votre place est à vous, le tarif est figé, et le transporteur s’engage à vous la garder.
La facture arrive après : c’est le justificatif du voyage effectué et payé. Le billet n’est pas la facture, et la facture ne remplace pas la réservation.
Le bon de commande occupe donc la place du milieu. Il transforme une offre en engagement ferme, avant que la marchandise ne bouge et avant que l’argent ne circule.
Générer un modèle de bon de commande gratuit
Rien de plus simple que de partir d’une page blanche, sauf qu’on oublie toujours une mention. Le plus sûr est de partir d’un modèle structuré, qui vous demande chaque information au bon moment.
Nous avons préparé un générateur de bon de commande gratuit : vous remplissez le formulaire, l’aperçu se met à jour en direct, puis vous enregistrez le document en PDF ou vous l’imprimez.
Ce que fait le générateur
Ce que fait l’outil
- Il calcule les totaux hors taxes, la TVA par taux et le total à payer, sans erreur d’arrondi.
- Il gère la franchise en base de TVA, avec la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ».
- Il calcule l’acompte et le solde à régler.
- Il distingue un acheteur professionnel d’un particulier, et n’affiche les pénalités de retard que pour les professionnels.
- Il affiche une alerte si vous vendez à un particulier hors établissement, un cas qu’il ne couvre pas.
- Il propose un contrôle rapide des informations qui manquent.
Tout se passe dans votre navigateur. Aucune donnée n’est envoyée ni conservée sur un serveur, ce qui compte quand le document contient les coordonnées de vos clients.
Pour personnaliser le bon de commande, ajoutez votre logo, vos conditions complémentaires et vos références de devis directement dans le formulaire. C’est la version numérique des bons de commande personnalisés que l’on fait imprimer chez un imprimeur, sans tirage minimum.
Un exemple rempli
Pour voir à quoi ressemble un bon de commande complet, voici un cas simple. Un menuisier (Atelier Dumas) reçoit la commande d’une boutique (Boutique Nova SARL), après un devis accepté. Le bon porte le numéro BC-2026-014 et la mention du devis DEV-2026-031.
| Désignation | Qté | PU HT | TVA | Total HT |
| Étagère murale en chêne massif, 120 cm | 4 | 185,00 € | 20 % | 740,00 € |
| Livraison et pose | 1 | 120,00 € | 20 % | 120,00 € |
| Total HT | 860,00 € | |||
| TVA 20 % | 172,00 € | |||
| Total TTC | 1 032,00 € | |||
| Acompte de 30 % à la commande | 309,60 € | |||
| Solde à régler à 30 jours après la facture | 722,40 € |
Le reste du document précise la livraison (sous trois semaines après réception de l’acompte), le mode de règlement (virement), les conditions de paiement du solde (30 jours après la facture), les pénalités de retard et l’indemnité forfaitaire de 40 euros. Enfin viennent deux cadres de signature, avec « Bon pour accord » côté acheteur.
Si vous êtes en franchise en base de TVA, le tableau est identique, sans la colonne TVA. Le total à payer est alors égal au total hors taxes, et la mention de l’article 293 B du CGI figure en pied de page.
Qu’est-ce qu’un bon de commande ?
Un bon de commande est un document écrit qui confirme qu’une commande est passée. Il décrit les produits ou les prestations commandés, leur prix, les conditions de livraison et de paiement, et il identifie les deux parties.
Son rôle est simple : transformer un accord oral ou une offre en engagement clair. Une fois accepté, ni l’acheteur ni le vendeur ne peuvent changer unilatéralement les conditions.
Qui l’établit : l’acheteur ou le vendeur ?
Sur ce point, vous trouverez des réponses différentes selon les sites, et c’est normal : la pratique varie.
Dans la grande majorité des entreprises, c’est l’acheteur qui émet le bon de commande. Il l’envoie à son fournisseur pour confirmer ce qu’il commande. C’est le fonctionnement des services achats, avec un numéro de commande interne.
Mais beaucoup de petites entreprises et d’indépendants font l’inverse. Le vendeur prépare un bon de commande, parfois à la suite d’un devis, et le fait signer par son client. C’est utile pour les clients qui n’ont pas de service achats, ou qui préfèrent signer un document plutôt qu’un devis.
Le guide de Indy sur le bon de commande rappelle d’ailleurs cette répartition : le document est normalement rédigé par l’acheteur, parfois par le vendeur pour des commandes récurrentes. Les deux cas existent. L’essentiel est que les deux parties l’acceptent.
Un devis signé produit le même effet
Si votre client signe votre devis avec la mention « bon pour accord », il s’engage tout autant. Le devis accepté joue alors le rôle du bon de commande : il fixe le prix et le périmètre.

Alors pourquoi un bon de commande en plus ? Parce que certains clients n’ont pas le droit, ou pas l’habitude, de signer le devis d’un fournisseur. Leur processus d’achat exige leur propre bon, avec leur propre numéro. Dans ce cas, le bon de commande confirme l’accord, et le devis en détaille l’offre.
Pour la différence de fond entre devis et facture, notre guide complet est ici : Facture ou devis : quelle différence et quand utiliser lequel.
Quelle valeur juridique a un bon de commande ?
Un bon de commande n’est pas un simple papier administratif. Signé ou accepté par les deux parties, il vaut contrat de vente ou de prestation.
Le droit français repose ici sur un principe de liberté : un contrat se forme dès que deux volontés se rencontrent, c’est-à-dire une offre et son acceptation (articles 1101 et 1113 du Code civil). Et la vente est parfaite dès que l’on est convenu de la chose et du prix (article 1583 du Code civil).
Concrètement, un bon de commande signé permet de réclamer la livraison, le paiement ou des dommages en cas d’inexécution. Il prouve aussi ce qui a été convenu, avec une précision qu’un échange de mails n’atteint jamais.
Obligatoire ou non ?
Entre professionnels, aucune loi n’oblige à établir un bon de commande. La facture, elle, est obligatoire (article L441-9 du Code de commerce), mais pas le bon de commande.
Dans les faits, il est souvent exigé par les clients de taille moyenne ou grande, dont la politique d’achat refuse de payer une facture qui ne renvoie pas à un bon de commande validé en interne.
Attention toutefois : l’absence d’obligation n’est pas une absence de conséquence. Sans bon de commande ni devis signé, vous n’avez plus que des échanges informels pour prouver le prix et le délai promis.
Une signature qui peut être électronique
Le bon de commande peut être signé à la main ou électroniquement. La signature électronique a la même valeur qu’une signature manuscrite lorsqu’elle respecte les conditions du Code civil (article 1367), et pour une commande courante entre professionnels, une signature électronique simple suffit généralement.
Une réponse par e-mail du type « commande validée, bon pour accord » peut également constituer un début de preuve. Mieux vaut cependant conserver un document daté, numéroté et signé.
Les mentions à faire figurer sur un bon de commande
Aucun texte ne dresse la liste officielle des mentions d’un bon de commande entre professionnels, contrairement à la facture. On parle donc de mentions usuelles, c’est-à-dire celles qui rendent le document utilisable en cas de désaccord.
Voici le tableau de référence. Chaque ligne indique pourquoi la mention compte et ce qui se passe quand elle manque.
| Mention | Pourquoi elle compte | Si elle manque |
| Identité et adresse des deux parties | Elle dit qui s’engage envers qui, et vers quelle adresse livrer | Litige sur l’identité du débiteur, facture rejetée plus tard |
| SIREN (ou SIRET) des deux entreprises | Elle relie la commande aux bonnes entités, et sert au rapprochement avec la facture électronique | Erreur d’entité, blocage chez les gros acheteurs |
| Numéro et date du bon de commande | Elle donne la référence à reprendre sur la facture | Facture sans référence, impossible à rapprocher |
| Désignation précise des produits ou services | Elle fixe ce qui a été commandé, au mot près | Discussion sur le périmètre, avenants à répétition |
| Quantités et prix unitaires HT | Elle fixe le montant sans ambiguïté | Contestation du prix |
| Total HT, TVA, total TTC | Elle montre le montant exact à régler (ou la mention de franchise) | Écart entre la commande et la facture |
| Lieu et délai de livraison | Elle fixe l’échéance et ce que le retard coûte | Aucun recours clair en cas de retard |
| Conditions de paiement et acompte | Elle fixe le moment et la manière de payer | Délai de paiement discuté après coup |
| Pénalités de retard et indemnité de 40 € (entre professionnels) | Elle reprend ce que prévoient vos conditions de vente | Incohérence avec vos CGV et vos factures |
| Référence du devis accepté | Elle rattache la commande à l’offre initiale | Deux documents qui racontent deux histoires |
| Signatures et « Bon pour accord » | Elle prouve l’acceptation des deux parties | Document sans valeur d’engagement claire |
Pour comparer avec la facture, dont la liste de mentions est, elle, strictement encadrée, consultez notre guide : Les mentions obligatoires sur une facture d’auto-entrepreneur en 2026.
Les pénalités de retard et l’indemnité de 40 euros
Entre professionnels, vos conditions de règlement doivent mentionner le taux des pénalités de retard et l’indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement, fixée à 40 euros (article L441-10 du Code de commerce).
Le taux de pénalité ne peut pas être inférieur à trois fois le taux d’intérêt légal. Le délai de paiement, lui, ne peut pas dépasser soixante jours à compter de l’émission de la facture, ou quarante-cinq jours fin de mois.
Reprendre ces éléments dans le bon de commande n’est pas toujours obligatoire, mais c’est cohérent. Le client les découvre avant de s’engager, et vous évitez toute surprise au moment de la relance.
Le délai de livraison, la mention qu’on néglige
Une date ou un délai de livraison précis, c’est ce qui vous permet de réclamer quelque chose en cas de retard. Écrire « dès que possible » ne protège ni l’un ni l’autre.
Précisez le point de départ du délai : à la signature, à la réception de l’acompte, ou à la validation d’un fichier ou d’un échantillon. C’est une source classique de désaccord.
Bon de commande, devis, bon de livraison et facture : le tableau
Quatre documents se suivent, et on les confond facilement. Le tableau ci-dessous les distingue en un coup d’œil. Pour la paire devis et facture en détail, un article lui est consacré.
| Critère | Devis | Bon de commande | Bon de livraison | Facture |
| Moment | Avant l’accord | Au moment de l’accord, avant la livraison | À la livraison | Après la livraison ou la prestation |
| Qui l’émet | Le vendeur | L’acheteur, ou le vendeur qui le fait signer | Le vendeur | Le vendeur |
| Rôle | Proposer un prix et un périmètre | Confirmer ce qui est commandé | Prouver que la marchandise est arrivée | Constater la vente et demander le paiement |
| Valeur juridique | Engage le client une fois signé | Vaut contrat une fois accepté par les deux parties | Preuve de livraison | Preuve de la vente et de la créance |
| Obligatoire ? | Non en principe, oui dans certains secteurs | Non entre professionnels | Non, mais très utile | Oui entre professionnels, dès le premier euro |
| Valeur comptable | Aucune | Aucune (engagement hors bilan) | Aucune | Pièce comptable, conservée dix ans |
La règle pratique : le devis propose, le bon de commande confirme, le bon de livraison prouve, la facture réclame. Chaque pièce a son rôle, et aucune ne remplace complètement les autres.
Bon de commande et bon de livraison
Le bon de livraison accompagne la marchandise. Le client le signe à la réception, pour prouver que les produits sont arrivés, en bon état et dans la bonne quantité.
C’est une pièce précieuse pour une facture : si le client conteste avoir reçu la marchandise, le bon de livraison signé règle la question. Le bon de commande, lui, ne prouve pas que la livraison a eu lieu.
Bon de commande et facture proforma
Une facture proforma est une facture provisoire, souvent utilisée à l’export ou pour une demande de paiement avant livraison. Elle n’a pas la valeur d’une vraie facture et ne donne pas droit à déduction de TVA.

Elle ressemble au bon de commande, mais elle vient du vendeur, et elle sert à annoncer un montant, non à confirmer une commande. Les deux peuvent coexister.
Les trois grands cas d’usage : achat, vente, sous-traitance
Le même document sert à trois situations très différentes. Savoir dans quel camp vous êtes évite de remplir le mauvais modèle.
Vous achetez : le bon de commande fournisseur
Quand vous achetez du matériel, des fournitures ou des services, vous émettez un bon de commande à votre fournisseur. Il fixe ce que vous attendez, au prix annoncé, avec un délai.
Son second intérêt est le contrôle. Quand la facture arrive, vous la comparez au bon : mêmes quantités, même prix. Un écart saute aux yeux, au lieu de se noyer dans une pile de papiers.
Pour un indépendant, c’est souvent facultatif. Pour une équipe où plusieurs personnes achètent, c’est le meilleur moyen d’éviter une facture qu’on n’attendait pas.
Vous vendez : le bon de commande client
Quand vous vendez, vous recevez un bon de commande de votre client, ou vous lui en proposez un. Gardez-le avec le devis. Quand vous facturez, vous reprenez son numéro.
Si le client n’en envoie pas, rien ne vous interdit d’en proposer un à signer, notamment pour une commande qui n’a pas fait l’objet d’un devis détaillé.
C’est aussi un bon outil pour les commandes récurrentes : un seul bon de commande peut fixer les tarifs d’un an, avec des livraisons échelonnées.
Vous sous-traitez : le bon de commande de mission
Un freelance qui confie une partie d’une mission à un autre indépendant, ou une agence qui sous-traite à un freelance, peut formaliser la commande avec un bon de commande.
Il doit alors détailler le périmètre, les livrables, la date de rendu, le prix et les conditions de paiement. Pour une mission plus complexe, ajoutez des clauses de confidentialité et de propriété des livrables dans un contrat.
Dans le BTP et dans les marchés publics, la sous-traitance obéit à des règles propres (loi du 31 décembre 1975). Ce modèle ne les couvre pas.
| Votre situation | Ce que je ferais |
| Vous recevez des bons de commande de vos clients | Les archiver avec le devis, reprendre leur numéro sur chaque facture, et vérifier que votre logiciel a un champ pour cette référence |
| Vous vendez des produits ou des services à des professionnels | Faire signer un devis, ou un bon de commande généré avec le modèle, puis facturer avec le numéro de commande |
| Vous achetez à des fournisseurs | Émettre votre propre bon de commande numéroté, qui sert de preuve et de base pour contrôler la facture reçue |
| Vous sous-traitez une mission | Un bon de commande qui détaille périmètre, livrables, délai et prix, à compléter si besoin par un contrat |
| Vous vendez à des particuliers sur place | Un bon de commande simple, ou un devis signé, avec l’acompte clairement qualifié |
| Vous vendez à des particuliers à domicile, par démarchage ou sur un salon | Un contrat conforme aux règles de la vente hors établissement, et non ce modèle simple |
Bon de commande et particuliers : attention aux ventes hors établissement
Entre professionnels, la liberté contractuelle est large. Face à un consommateur, la loi protège davantage, et le bon de commande doit en tenir compte.
Si vous vendez à un particulier hors de votre établissement (à son domicile, après un démarchage, sur un salon ou une foire), vous êtes dans le régime des contrats hors établissement. Un contrat écrit est exigé (article L221-9 du Code de la consommation), et le client dispose d’un droit de rétractation de quatorze jours (article L221-18).
Ce droit s’accompagne d’un formulaire de rétractation et d’informations précontractuelles précises. Un simple bon de commande ne suffit pas : il faut un contrat complet.
C’est pourquoi le générateur affiche une alerte quand vous choisissez « Particulier ». Il ne vous interdit rien, mais il vous rappelle qu’un cas particulier existe.
Acompte, arrhes et TVA : ce que le bon de commande doit dire
L’argent versé à la commande porte deux noms, et ils n’ont pas du tout les mêmes effets. Le bon de commande doit dire lequel vous demandez.
Acompte : un engagement ferme
Un acompte est un premier paiement sur le prix. Une fois versé, les deux parties sont engagées : l’acheteur doit payer le solde, et le vendeur doit livrer. On ne peut pas renoncer sans conséquence.
Arrhes : une porte de sortie coûteuse
Les arrhes laissent une faculté de renoncer. En droit de la consommation, le client qui renonce perd les arrhes versées, et le professionnel qui renonce rend le double (article L214-1 du Code de la consommation, sauf stipulation contraire).
Si vous ne précisez rien dans un contrat avec un consommateur, les sommes versées d’avance sont présumées être des arrhes. Écrivez donc « acompte » ou « arrhes » en toutes lettres.
La TVA sur l’acompte
Si vous êtes assujetti à la TVA, l’encaissement d’un acompte peut rendre la TVA exigible dès cet encaissement, et non à la livraison. Ce point dépend de la nature de l’opération, et il se vérifie avec votre comptable.
En franchise en base de TVA, la question ne se pose pas : vous ne facturez pas de TVA, et la mention de l’article 293 B du CGI figure sur vos documents.
Pour demander l’acompte, on émet une facture d’acompte, pas seulement un bon de commande. C’est le même principe que celui expliqué dans l’article Facture ou devis : quelle différence et quand utiliser lequel.
Le numéro de bon de commande sur la facture
Voici le point qui concerne le plus directement votre facturation. Quand l’acheteur a émis un bon de commande, son numéro doit figurer sur votre facture (article L441-9 du Code de commerce).
C’est une mention que l’on oublie facilement, parce qu’elle ne dépend pas de vous : elle vient de votre client. Prenez l’habitude de la recopier dès la réception du bon.
Pourquoi c’est devenu encore plus important
Avec la facturation électronique, le rapprochement entre la commande, la livraison et la facture se fait de plus en plus par les machines. Le numéro de commande devient la clé qui relie les trois.
Pensez au numéro de suivi d’un colis : sans lui, le transporteur ne sait pas à quelle livraison rattacher votre réclamation. De la même façon, une facture sans référence de commande risque d’être mise de côté, ou rejetée par le logiciel d’un gros client.
Le calendrier en 2026 : tous les assujettis doivent pouvoir recevoir des factures électroniques depuis le 1er septembre 2026, et les PME, TPE et micro-entreprises devront en émettre à partir du 1er septembre 2027.
Pour tout comprendre à ce changement, lisez notre dossier : Facturation électronique 2026 : ce qui change pour les auto-entrepreneurs. Et pour choisir la plateforme qui émettra vos factures, voici Comment choisir une plateforme de dématérialisation partenaire (PDP).
Bon de commande et comptabilité
Un bon de commande n’est pas une écriture comptable. Tant que rien n’est livré ni facturé, il n’apparaît pas dans votre comptabilité : c’est ce qu’on appelle un engagement hors bilan.
Il n’en reste pas moins un document à conserver. Il justifie la facture, il prouve l’accord, et il sert de pièce en cas de contrôle ou de litige.
Les pièces justificatives se conservent dix ans (article L123-22 du Code de commerce). La bonne pratique : archivez le bon de commande avec le devis, le bon de livraison et la facture dans le même dossier, nommé par le numéro de commande.
Commande ferme ou commande ouverte
Une commande ferme fixe une quantité et un prix pour une livraison donnée. C’est le cas le plus courant.
Une commande ouverte, ou accord-cadre, fixe un prix et un cadre, mais les quantités sont précisées au fil de l’eau, par des commandes successives. C’est utile pour des approvisionnements réguliers.
Dans les marchés publics, ce mécanisme existe sous le nom d’accord-cadre à bons de commande. Ses règles sont propres aux acheteurs publics et ne relèvent pas de ce modèle.
Carnet de bons de commande : papier ou numérique ?
Vous cherchez peut-être un carnet de bons de commande, avec ses doubles autocopiants. Le papier garde de vrais atouts dans certaines situations : sur un chantier, au comptoir d’un atelier, sur un marché, il n’y a rien de plus rapide.
Sa limite apparaît dès que le volume augmente. Une page perdue, un total mal additionné, un numéro recopié de travers, et c’est le dossier tout entier qui devient fragile.
Le numérique résout ces trois problèmes, tout en servant de brouillon à la facture. Vous pouvez d’ailleurs combiner les deux : carnet sur le terrain, saisie ensuite dans un outil.
| Critère | Carnet papier | Bon de commande numérique |
| Idéal pour | Vente au comptoir, chantier, salon, marché | Commandes à distance, clients récurrents, volume |
| Numérotation | Pré-imprimée, mais sans contrôle si vous perdez une page | Automatique, sans trou ni doublon |
| Copie | Duplicata autocopiant à conserver | Fichier PDF archivé, recherchable |
| Signature | Manuscrite, sur place | Manuscrite scannée ou électronique |
| Erreur de calcul | Possible, à la main | Évitée, les totaux se calculent seuls |
| Lien avec la facture | Ressaisie à la main | Reprise des informations, sans double saisie |
| Facturation électronique | Numéro à recopier sur la facture, sans contrôle | Référence reprise automatiquement selon l’outil |
| Personnalisation | Impression par un imprimeur, tirage minimum | Logo, mentions et conditions modifiables à volonté |
Si vous choisissez le papier, appliquez trois règles. Numérotez chaque bon sans exception. Conservez toujours le duplicata. Et ne mélangez jamais la numérotation des bons de commande avec celle de vos factures, qui doit rester continue et chronologique.
Les erreurs fréquentes avec un bon de commande
Erreurs à éviter
- Une désignation vague. « Travaux divers » ou « prestation de conseil » ne fixent rien. Décrivez ce qui est livré.
- Oublier le délai de livraison. Sans date, vous n’avez aucun recours en cas de retard.
- Confondre acompte et arrhes. Écrivez le mot exact : les conséquences sont opposées.
- Ne pas reprendre le numéro sur la facture. Votre facture peut être rejetée ou mise en attente.
- Oublier la signature des deux parties. Un bon non signé est un simple projet, pas un engagement.
- Mélanger les numérotations. Le bon de commande, le devis et la facture ont chacun leur série.
- Vendre à un particulier hors établissement avec un modèle simple. Le contrat doit alors respecter les règles de rétractation.
- Modifier un bon déjà signé. Un changement se traite par un avenant, pas par une retouche.
Quel logiciel pour gérer ses bons de commande ?
Un modèle gratuit suffit pour démarrer. Quand les commandes s’accumulent, un logiciel de facturation relie le devis, la commande et la facture sans ressaisie. Reste à savoir lequel gère réellement les bons de commande.
J’ai donc vérifié ce que disent les documentations officielles, et je ne promets ici que ce que j’ai pu lire. Le résultat est plus contrasté qu’on ne le croit.
| Outil | Ce que dit sa documentation | Pour quel profil |
| Abby | Bons de commande créés dans Facturation, Documents, Bons de commande, liés à un client ou à un projet, avec envoi par e-mail et signature en ligne via Yousign | Indépendant qui émet lui-même des bons de commande et veut tout au même endroit |
| Indy | Devis, factures, acomptes, avoirs, conversion d’un devis en facture en un clic. Le bon de commande n’est pas listé parmi les documents gérés | Indépendant dont les bons de commande viennent des clients, avec un outil centré sur devis et factures |
| Tiime | Facturation avec conversion de devis en facture. Je n’ai pas trouvé de fonction bon de commande documentée | Profil qui privilégie la facturation et la compta, bon de commande à gérer à côté |
Abby : le seul des trois à documenter un vrai bon de commande
La page d’aide d’Abby consacrée aux bons de commande indique qu’ils se créent dans Facturation, puis Documents, puis Bons de commande. Le document peut être lié à un client ou à un projet en cours. L’envoi par e-mail est disponible avec les formules Start, Pro et Business, et la signature en ligne passe par Yousign. Voir la page d’aide d’Abby.
Deux limites à connaître. Cette page ne mentionne pas la transformation d’un bon de commande en facture, et elle ne parle pas du champ « numéro de commande » sur la facture. Testez ces deux points pendant l’essai, car ce sont eux qui vous font gagner du temps au quotidien.
Pour un indépendant qui émet lui-même ses bons de commande, c’est donc le choix le plus cohérent.
Indy : excellent pour le devis et la facture, pas de bon de commande documenté
Indy affiche clairement sa spécialité : devis, factures, acomptes, avoirs et factures récapitulatives. Sa documentation indique aussi que la conversion d’un devis en facture se fait en un clic, avec reprise automatique des informations.
En revanche, je n’ai trouvé aucune mention d’un document « bon de commande » dans les fonctions du logiciel. Indy propose un modèle à télécharger dans ses guides, mais ce n’est pas une fonction de l’outil.
Cela n’en fait pas un mauvais choix : si vos clients vous envoient leurs propres bons de commande, vous les archivez et vous enchaînez devis, acompte et facture dans Indy.
Tiime : la facturation d’abord, bon de commande à vérifier
Tiime propose un logiciel de facturation avec conversion d’un devis en facture, comme l’explique son blog. Je n’ai en revanche pas trouvé de fonction bon de commande documentée.
Si vous gérez déjà votre comptabilité avec Tiime, le plus simple est de produire le bon de commande avec le modèle de cet article, puis d’utiliser Tiime pour la suite. Vérifiez la fiche produit à jour avant de vous décider.
Comment choisir
Posez-vous une seule question : qui émet les bons de commande dans votre activité ? Si c’est vous, privilégiez un outil qui sait les créer. Si ce sont vos clients, privilégiez un outil qui reprend facilement un numéro de commande sur la facture.
Pour comparer les solutions gratuites ou peu coûteuses, notre Comparatif des logiciels de facturation gratuits détaille les limites de chacune.
Conclusion : ce que je ferais à votre place
Commencez simple. Pour une commande ponctuelle, un devis signé suffit. Dès qu’un client exige un bon de commande, ou dès que vous voulez figer un prix sans ambiguïté, utilisez le modèle gratuit : il prend cinq minutes et couvre les mentions utiles.
Reprenez systématiquement le numéro du bon de commande sur vos factures. C’est la petite habitude qui évitera des rejets quand la facturation électronique sera généralisée.
Et si vous émettez beaucoup de bons de commande, passez à un logiciel qui les gère. Abby est, d’après les documentations que j’ai pu lire, le seul des trois outils comparés à décrire un vrai module de bons de commande. Indy et Tiime restent d’excellents choix pour le devis et la facture, à condition d’accepter de produire le bon de commande à part.
Prêt à passer à l’action ? Générez votre bon de commande avec le modèle gratuit, puis testez Abby pour tout enchaîner . Si vous préférez une solution centrée sur le devis et la facture, essayez Indy.
FAQ : vos questions sur le bon de commande
Quelle est la différence entre un bon de commande et un devis ?
Le devis est une proposition de prix faite par le vendeur. Le bon de commande confirme que l’acheteur commande, aux conditions convenues. Signé par les deux parties, le bon de commande vaut contrat, comme un devis accepté.
Un bon de commande est-il obligatoire ?
Non, pas entre professionnels. La facture est obligatoire, pas le bon de commande. Il reste fortement recommandé pour prouver le prix, la quantité et le délai, et beaucoup de clients l’exigent.
Un bon de commande a-t-il valeur de contrat ?
Oui, lorsqu’il est signé ou accepté par les deux parties. Il formalise l’accord sur la chose et sur le prix, ce qui suffit à former une vente. Il engage donc le vendeur à livrer et l’acheteur à payer.
Qui doit établir le bon de commande, l’acheteur ou le vendeur ?
Le plus souvent, l’acheteur. Mais un vendeur peut aussi préparer un bon de commande et le faire signer par son client, par exemple pour des commandes récurrentes. Dans les deux cas, ce qui compte est l’accord des deux parties.
Faut-il mentionner le bon de commande sur la facture ?
Oui, quand l’acheteur a émis un bon de commande. Son numéro doit alors figurer sur la facture. Cette référence facilite aussi le rapprochement automatique avec la facturation électronique.
Quelle différence entre un bon de commande et un bon de livraison ?
Le bon de commande confirme ce qui est commandé, avant la livraison. Le bon de livraison accompagne la marchandise et prouve qu’elle a été remise. Les deux se complètent, la facture venant ensuite.
Pour aller plus loin : Comment créer sa première facture conforme quand on débute, Comment relancer un client qui ne paie pas sa facture et Facture en ligne gratuite : créer et télécharger sa facture en 5 minutes.
Sources officielles à consulter : fiche Service-Public sur les mentions de la facture et le site des impôts sur la facturation électronique.









